L’agriculture urbaine est une des solutions préconisées par l’ONU et la FAO pour répondre aux besoins de sécurité alimentaire et aux défis de l’urbanisation alors que 80% de la population mondiale vivra dans une ville à l’horizon 2050.  D’après la FAO, cette nouvelle forme d’agriculture est déjà pratiquée par 700 millions de citadins, soit une 1 personne sur 4 dans le monde.

A l’origine de l’agriculture urbaine, l’hydroponie : une technique de culture hors sol sous serre. Elle permet de faire pousser des fruits et légumes partout, y compris dans les zones urbaines. Les racines des plantes sont plongées dans de l’eau qui circule en circuit fermé et dans laquelle sont injectés les nutriments nécessaires.

L’agriculture urbaine présente de nombreux avantages par rapport à l’agriculture traditionnelle :

  • Une utilisation bien moindre d’eau et de pesticides
  • Des rendements élevés : 4 à 6 fois supérieurs
  • Des boucles en « cycle court », diminuant les coûts, les émissions de CO2 et le besoin en énergie et en carbone fossile (les aliments que nous consommons parcourant en moyenne plus de 3000 km)
  • Un recyclage rapide de certains déchets organiques

Déjà de nombreux exemples à l’étranger…

Au Japon, dont les terres arables ne représentent que 12% de la superficie, les initiatives sont légions. Des multinationales de la high-tech, telles que Panasonic, Toshiba et Fujitsu, disposent déjà de leurs usines à légumes. Spread, le leader au Japon, produit 20 à 30 000 laitues par jour, permettant d’alimenter 2 000 magasins.

Brooklyn Grangel

A Singapour, où seule 1% de la surface est cultivable et où 97% des besoins alimentaires sont importés, les premiers buildings agricoles sont nés en 2012. La société Sky Greens y a développé des serres de 9 mètres de haut (l’équivalent de 3 étages).

Chaque jour, une serre permet de produire une demi-tonne de légumes frais, sur un espace de seulement 3,65 hectares avec l’aide d’une vingtaine d’agriculteurs. Sur une exploitation horizontale, il faudrait un terrain dix fois plus vaste et deux fois plus de main-d’œuvre pour obtenir le même rendement.

A New-York, Brooklyn Grangel est plus grand potager sur toit du monde avec 4 000 m²  de culture.

Lancé en 2010, le rendement de Brooklyn Grange dépasse à présent les 22 tonnes de légumes et herbes par an.

À Montréal, les deux serres des fermes Lufa, installées sur des toits, cultivent plus de 50 types de végétaux (tomates, aubergines, concombres, poivrons, herbes…). Environ 2 tonnes de légumes sont récoltées chaque jour.

Enfin, à Chicago, un hangar abrite la plus grande ferme verticale du monde : FarmedHere qui totalise près de 8 400 m² de cultures hydroponiques en intérieur.

Et des projets qui se multiplient en France…

La FUL, pour Ferme Urbaine Lyonnaise, a lancé en 2016 un prototype d’unité de production de végétaux sur un site pilote. Les plantes (salades, pissenlits, basilic, etc.) y sont cultivées hors sol, verticalement, ce qui permet de mobiliser très peu de surface et de ressources (90% de pesticides et d’eau en moins que dans la culture conventionnelle). Le premier site réel de production devrait voir le jour courant 2017.

A Tours, les Jardins Perchés est un projet d’exploitation maraîchère autonome et professionnelle, implanté au sein d’un immeuble de logement social. Composé de 1 000 m² en toiture et 1 200 m² au sol, la mise en chantier du projet devrait débuter en septembre 2017.

Consciente de l’enjeu que représente l’agriculture urbaine, la ville de Paris a lancé au printemps 2016 la première édition d’un appel à projet : « Parisculteur ». Une cinquantaine d’espaces de la ville et ceux d’une vingtaine de partenaires ont été proposés aux initiatives des agriculteurs urbains, parmi lesquels des lieux prestigieux : le toit l’Opéra Bastille ou encore un toit-terrasse place Vendôme. L’objectif est de végétaliser 100 hectares de toits et façades d’ici à 2020, dont un tiers pour produire des fruits et légumes.

Une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR) estime que la surface végétalisable à Paris est de 320 hectares. D’après Nicolas Bel, ingénieur de recherche chez AgroParisTech, « si l’on prend une hypothèse très simplificatrice et optimiste de 5 kilos de légumes frais par m² sur 320 hectares, cela ferait 32 000 tonnes de légumes par an, soit quand même de quoi alimenter 230 000 Parisiens en légumes frais ».

Une révolution culturelle et culturale est en marche !