A l’heure où les consommateurs font preuve de défiance à l’égard des produits de beauté conventionnels, le bio apparaît comme un segment porteur, au sein d’un marché ralenti.

Accélération en 2017

Les industriels et les enseignes ont longtemps cru qu’il s’agissait d’un marché de niche. Pourtant, la demande  est désormais mature.  Si les grands groupes sont de plus en plus intéressés par ce segment, ce sont d’avantage les PME qui en profitent.

L’offre bio est aujourd’hui très limitée en GMS : dans un rayon hygiène-beauté, il ne s’agit en moyenne que de 78 produits contre 4 800 pour le conventionnel. Le bio ne représente que 1,1% du chiffre d’affaires de l’hygiène-beauté (Source : Iri, CAM au 27 août 2017). Mais il progresse de même de +24% quand le conventionnel chute de -2,5%. C’est sur le soin visage que l’offre est la plus développée: le bio y représente plus de 10 % en valeur.

Attentifs aux tendances du marché, les grands groupes veulent accélérer. L’Oréal, par exemple, veut passer de 54 % à 65 % d’ingrédients bio dans ses produits d’ici 10 ans. Pourtant ce sont ces mêmes grands de l’industrie qui étaient à l’origine de bon nombre d’initiatives au début des années 2010 (Nivea Pure & Natural chez Beiersdorf, Timotei chez Unilever…). Mais si à l’époque la demande n’était pas réceptive, aujourd’hui le marché bio est en phase de décollage.

La volatilité du marché est stratégiquement plus facile à appréhender pour les PME. En effet, So’bio étic propose environ 300 références bio, du soin visage aux capillaires, en passant par le maquillage et les déodorants. Avec un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros, l’entreprise continue d’innover avec le lancement d’une gamme Hydra Aloe Vera. Depuis le début de l’année 2017, son taux de pénétration a augmenté de 67%.

Le lait démaquillant de la gamme Hydra Aloe Vera lancée par So’Bio Etic

Même son de cloche dans le maquillage où le bio gagne du terrain. Boho Green, fondée en 2012, a doublé son chiffre d’affaires pour atteindre 2,5 millions d’euros en 2016, année où la marque est arrivée chez Monoprix. Une stratégie qui rompt avec les canaux de distributions habituels qui permet à la marque d’être présente dans plus de 200 points de vente, et qui s’est accompagné d’une formation spécifique des conseillères beauté Monoprix.

Alors que le marché du bio au global connaît une progression de +20%, c’est surtout l’alimentaire qui drive la croissance. Si 9 Français sur 10 ont consommé du bio en 2016, 43% seulement ont acheté des produits cosmétiques. La méfiance des consommateurs et la recherche de naturalité ouvrent donc un vrai potentiel de croissance sur ce segment.