Tendance en 2016, explosion en 2017 ? Selon le cabinet spécialisé Rosenheim Advisors, La Food Tech a généré 10 milliards de dollars d’investissement privés dans le monde en 2015… Soit la même somme investie par les acteurs de l’agroalimentaire en recherche sur la même année. A qui profitera cette nouvelle tendance ?

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C’est quoi la FoodTech ?

A la différence de la FrenchTech par exemple, la FoodTech n’est ni un organisme ni un label : il s’agit simplement d’un marché. Un marché où se rencontre nourriture et nouvelles technologies, que ce soit dans la production, la distribution ou dans le modèle économique. Naturellement vous pensez à des acteurs comme UberEats ou bien Deliveroo, les sauveurs de vos repas à domicile. En réalité, le périmètre de cette FoodTech est bien plus large, puisqu’elle n’englobe pas moins de 6 catégories selon DigitalFoodLab.com :

  • AgTech : alliance d’agriculture et de technologie comprenant l’agriculture de précision et le farm management (permettant d’optimiser la gestion de son exploitation), l’agriculture urbaine ou à domicile, ainsi que les nouveaux produits alimentaires se concentrant principalement sur les protéines de substitution.
  • Food Science : l’agro-alimentaire qui imagine les produits de demain, que ce soit dans leur contenu, leur distribution ou leur packaging.
  • Food Service : le restaurant de demain, transformé une première fois par le numérique via des sites de réservation, puis une seconde fois par le cuisinier du restaurant à domicile.
  • Retail / Delivery : secteur le plus médiatisé et le plus connu avec notamment la livraison de repas ou de courses à domicile.
  • Coaching / big data : les consommateurs sont aussi une source de données pour les industriels, permettant de nouveaux usages pour des enjeux stratégiques.
  • Media : l’attrait pour la food étant de plus en plus fort et transformé, les médias se transforment, s’adaptent voire naissent suivant les nouveaux modes de consommation de contenu culinaire et nutritionnel.
FoodTech Dijon Bourgogne Franche-Comté

Qu’en est-il pour la France ?

Si la France n’occupe que la 4ème position derrière l’Allemagne, le Royaume-Unis, et la Suède en termes de fusion/acquisition, cela n’empêche pas la Food Tech de l’hexagone de bouger et d’être créative. Plus encore, la french FoodTech se structure avec la création de deux entités.

Début 2016, la Ville de Paris a lancé son incubateur Smart Food Paris, en partenariat avec de grands acteurs français du secteur tel que le Groupe Elior, Carrefour, le Groupe Up et Danone. Objectifs, favoriser et structurer l’émergence de start-up, et réfléchir et répondre aux nouveaux besoins et modes de consommations, tout en faisant de Paris la « capitale mondiale de l’innovation sur le segment alimentation et technologie ».

Quelques mois après, c’est au SIAL, le Salon International de l’Alimentation qu’a eu lieu la présentation officielle du label FoodTech Dijon Bourgogne-Franche-Comté. Un nouvel écosystème rattaché au dispositif des Métropoles French Tech, décliné en Thématiques French Tech. Cette initiative permet là aussi, l’émergence et le développement des jeunes pousses innovantes, avec comme positionnement le plaisir du goût, la santé et l’environnement.

Et demain ?

On ne compte plus les articles dédiés aux success-story comme Deliveroo,  Frichti, Optimiam et autres start-up françaises ou internationales venant s’immiscer sur le marché de la FoodTech. Mais seront-ils les leaders de l’alimentation de demain ? Les géants actuels de l’agro-alimentaire le resteront-ils, en investissant suffisamment dans cette course à l’innovation et à la transformation du secteur ? Une nouvelle fois, les regards sont tournés vers les géants du numériques.

Juicero

Avec sa puissance financière et logistique, Amazon est en train, chaque jour, de bousculer un peu plus la FoodTech à l’échelle mondiale. Amazon Go pour les supermarchés sans caisses, Amazon Fresh pour la livraison express des produits frais, surgelés et d’épiceries avec sa propre marque alimentaire, ou bien encore le Dash Button pour commander instantanément un produit de grande consommation. Enfin, Amazon se lancerait très prochainement dans la livraison de repas à domicile avec Amazon Restaurants, dans le but de concurrencer Uber Eats ou encore Deliveroo. Tout cet écosystème montre l’importance et l’ampleur de la data que la firme de Jeff Bezos est en mesure de collecter, traiter et surtout utiliser.

D’autres géants du numérique investissent sur ce marché, à l’image de Google Ventures dans les jus de fruits bio chez soi avec Juicero, ou bien encore Bill Gates dans la société Impossible Food et ses viandes et fromages à base de plantes.

Quel est le profil des clients ? Que veulent-ils ? Qu’achètent-ils, où et comment ? Des questions auxquelles les entreprises du numérique doivent avoir la réponse. La data étant un des segments de la FoodTech, nul doute que les géants du numérique sont armés pour pouvoir conquérir et disrupter de nouveaux marchés dans la FoodTech.

Pour plus d’informations concernant l’impact de la révolution digitale sur le secteur de l’alimentation, n’hésitez pas à consulter cette fiche.