En 2015, le cabinet Baum + Whiteman, spécialiste des Food Trends, évoquait dans son carnet de tendances l’ubérisation de la livraison de repas.

Amazon, Google, Uber, ou encore Foodora : autant d’acteurs qui se positionnaient sur le marché de la livraison à domicile de plats de restaurant.

En 2017, le cabinet annonce la montée en puissance des restaurants virtuels, impulsée par deux types de phénomènes : des restaurants sans places assises et des places assises sans restaurants.

Restaurants without seats

Des startups et même des chaînes de restauration développent des hubs de livraison : des chefs préparent des repas dans des cuisines sans espace de restauration. Sans place assise, la seule finalité de ces néo-restaurants est une livraison efficace du repas au domicile du client.

En France, l’irrésistible ascension de Frichti incarne parfaitement cette tendance. Créée par Julia Bijaoui et Quentin Vacher et lancée à l’été 2015, Frichti se distingue en produisant ses propres menus dans une cuisine centrale. Chaque jour, un nombre de plats réduits est proposé via leur site et leur application mobile. La livraison est assurée par leurs propres équipes en quelques dizaines de minutes. Le tout à un prix accessible : de l’ordre de 10 à 12 euros pour un menu avec entrée, plat et dessert. Seulement neuf mois après son lancement, la startup a levé 12 millions d’euros pour financer son essor au-delà de Paris.

La livraison de panier repas est un autre exemple du modèle « restaurants-without-seats ». Les clients reçoivent un « kit » où tous les ingrédients d’une recette élaborée par un chef sont déjà préparés (coupés, portionnés, dosés) et prêts à être assemblés. Blue Apron aux Etats-Unis ou Cook Angels en France proposent ce service avec la promesse de réaliser un repas digne d’un restaurant en un temps de préparation minimal (moins de 30 minutes).

Seats without restaurants

Parallèlement, d’autres startups investissent un autre modèle : celui des places assises sans restaurant.

Certains développent des réseaux de repas réalisés à domicile et consommés au domicile de clients.  Yuma à Montréal, Trybe à Londres, ou encore Menu Next Door en France : tous ces acteurs proposent à des cuisiniers (amateurs ou professionnels) de mettre en ligne les repas préparés chez eux. Les clients les commandent et les payent via le site, avant d’être livrés directement à leur domicile ou d’aller chercher leur menu au domicile du chef. Une démarche qui favorise l’aspect communautaire et s’inscrit dans l’économie du partage.

D’autres proposent, à l’instar de VizEat en Europe, de réserver des places pour manger chez l’habitant un repas fait maison.

Face à ces startups, les grands acteurs n’ont pas dit leur dernier mot : ainsi, Uber a annoncé le 29 janvier l’ouverture de son service de livraison Uber Eats à Bordeaux, après des tests menés à Paris et Lyon.

A retenir

La restauration renouvelle son offre dans une démarche davantage servicielle, répondant aux attentes des actifs urbains et des Millenials. Ceux-ci sont en effet 47% à se déclarer intéressés par les services de livraison de plats de restaurants, et 54% de paniers contenant recettes et ingrédients, d’après l’étude #MIAM 2017 d’Iligo pour Mondadori Publicité.

Pour plus d’informations sur l’essor de la consommation de produits « prêts-à-manger », n’hésitez pas à consulter cette fiche.