Si la notion de kilomètres alimentaires n’est pas nouvelle, elle trouve depuis une dizaine d’années un écho massif aux Etats-Unis et en Europe à travers le mouvement du locavorisme.

Fresh-local

A l’origine du concept, une initiative lancée en 2005 par Jessica Prentice, une chef basée à San Francisco qui a lancé un défi aux habitants de la baie : ne manger pendant un mois que des aliments provenant de moins de 100 miles (160 km) de leur domicile.
En France, la nouvelle génération de chefs reprend cette idée à son compte, qui valorise une démarche de qualité et d’unicité des produits. La proximité a du succès à tous les niveaux, que ce soit en restauration collective, sur les tables étoilées ou dans les caddies des consommateurs.

Un impératif qui présente de nombreux avantages :

  • Meilleure traçabilité et une meilleure connaissance des conditions de production
  • Circuit court : la chaîne de distribution entre le producteur et le consommateur comporte au maximum un intermédiaire.
  • Revalorisation de la notion de terroir et des produits régionaux (variétés locales, IGP…)
  • Respect de la saisonnalité des aliments, qui sont dès lors mieux pourvus en vitamines et minéraux (micronutriments).
  • Consommation de produits frais, non transformés industriellement, ce qui présente des bénéfices santé.
  • Respect de l’environnement en diminuant le coût carbone de  transports
  • Soutien économique aux producteurs locaux : au-delà de l’acte de consommation, le locavorisme permet de soutenir les activités et emplois d’une région.

Les acteurs de la consommation locavore

Les acteurs de la grande distribution mettent de plus en plus en avant les offres locavores. Ainsi, Monoprix a lancé l’année dernière en Ile-de-France le label « Made in pas très loin ». Sa promesse ? Une gamme de 157 produits (107 boissons et produits d’épicerie, et 50 frais et surgelés) provenant de moins de 100 km autour des 124 magasins Monoprix présents en Ile-de-France.

La vente en ligne se développe également. La Ruche qui dit oui propose ainsi d’acheter des produits du terroir en ligne à des producteurs locaux.

D’autres applications mettent quant à elles en relation des producteurs et consommateurs se trouvant dans le même périmètre géographique. Keldelice, Bienvenue à la Ferme ou Baladovore permettent ainsi d’identifier les producteurs locaux.

Enfin, le ministère de l’Agriculture a créé une page qui recense de nombreuses initiatives à l’échelle nationale, régionale ainsi que celles soutenues par les acteurs de la grande distribution.
Le site locavores.fr propose également un annuaire de tous les circuits de consommation locaux dans l’Hexagone (vente directe par les producteurs, boutiques bio, marchés locaux, AMAP…).

monoprix

Au-delà de l’épiphénomène, le locavorisme s’impose comme tendance de fond selon l’étude #MIAM 2017

L’étude quantitative menée par iligo pour Mondadori auprès d’un échantillon représentatif des Français a permis de mesurer l’étendue de leur intérêt. Ainsi, 84% des répondants se déclarent intéressés par les produits Made in France et 72% par les produits locaux. C’est davantage que l’intérêt déclaré pour les produits bio (58%) ou pour les produits issus du commerce équitable (54%).