Même si elle n’est pas écologique, la voiture électrique demeure l’automobile la plus vertueuse. En effet, elle ne produit ni gaz à effet de serre, ni polluants.

En 2018, selon RTE (Réseau de transport d’électricité) chaque kWh d’électricité générait à peu près 61g de CO2. Prenons l’exemple d’un SUV Kia e-Biro. Il consomme environ 17kWh pour 100 km, ce qui représente donc des émissions de CO2 équivalentes à 10,4 g/km. Cela n’entraîne pas de pollution à l’échelle locale mais il ne faut pas oublier la pollution liée à la production d’électricité, que ce soit les déchets nucléaires ou des centrales thermiques (fioul, charbon…).

Si en revanche, on choisit un SUV Peugeot 3008 BlueHDI, il consommerait sur cycle mixte 6.8 l/100km ce qui représente environ 180g/km. Si l’on tient compte des émissions liées à l’extraction, au raffinage et au transport du carburant, le Peugeot 3008 émet en moyenne 17 fois plus de CO2 qu’un simple modèle diesel.

Les batteries ont un impact sur l’Homme et la nature

Une voiture électrique n’utilise pas de carburant d’origine fossile, mais tire son énergie d’une lourde batterie. Celle-ci contient quelques kilos de lithium, mais aussi du cobalt ou du manganèse entre autres. Le lithium, provenant d’Amérique du Sud pour la plupart, entraîne une pollution des sols, un assèchement des rivières et une hausse des intoxications et des maladies graves pour les populations locales, liées à l’extraction et à son traitement. Pour ce qui est du cobalt, plus de la moitié de sa production mondiale est issue des mines au Congo avec des conditions de sécurités plutôt rudimentaires et parfois même l’exploitation d’enfants.

Cependant, des progrès laissent soupçonner que des alternatives à ces matériaux sont possibles et que les quantités nécessaires baissent progressivement.

L’assemblage des voitures

La plupart des voitures électriques utilisent un moteur synchrone à aimants permanents. Ces aimants requièrent des terres rares et des métaux qui sont majoritairement extraits et traités en Chine, ce qui entraîne d’importants rejets toxiques. Pour contrer cela, il faudrait réduire la dépendance à ces terres rares, voir s’en passer totalement. Toutefois, si un véhicule électrique est gourmand en énergie à l’usage, ce ne sera pas forcément le cas pour sa fabrication.

La réalisation de la batterie requiert même encore plus d’énergie que celle de tous les autres composants de la voiture. Il faut finalement deux fois plus d’énergie pour produire une voiture électrique qu’un véhicule thermique.

Les pièces et l’entretien

Le moteur d’un véhicule électrique est composé de peu de pièces et peut en théorie parcourir plus d’un million de kilomètres sans avoir recours à un gros entretien. Pour ce qui est d’un moteur thermique, il compte de nombreuses pièces qu’il faut remplacer régulièrement ainsi qu’une huile moteur à renouveler. Pour ce qui est des plaquettes de frein, une voiture électrique peut parcourir plus de 150 000 km avec les mêmes alors qu’un véhicule thermique fera seulement 30 000 km.

A l’usage, même sans tenir compte des émissions du moteur et de l’énergie utilisée, une voiture électrique a un impact moindre sur l’environnement qu’un modèle thermique. Bonus, l’entretien d’un véhicule électrique coûte moins cher.

Rendement du moteur

Le rendement d’un moteur thermique ne dépasse pas 45%. La proportion de l’énergie carburant transformée en action mécanique est donc faible. Une voiture citadine diesel qui consomme modestement 4l/100 km réclame près de 45 kWh pour parcourir une centaine de kilomètres. Alors qu’un moteur électrique affiche un rendement très souvent supérieur à 90%.

La densité énergétique d’une batterie est largement inférieure à celle du carburant. Pour une batterie de 100 kWh qui pèse actuellement plus de 600 kg, il suffit d’un réservoir de 9 litres pour stocker la même quantité d’énergie avec du gazole. Pour finir, au-delà de la consommation, il faut noter que si une voiture électrique occupe le même espace qu’un véhicule à moteur thermique, son mode de propulsion permet de réduire largement le bruit automobile.

Recyclage et réemploi des véhicules

Pour les véhicules arrivant en fin de vie, la loi impose un taux de recyclage de 95%, qui inclut généralement aussi la réutilisation et la valorisation. Pour ce qui est des modèles électriques, le retraitement de la batterie est critiqué. Effectivement, jusqu’à récemment, les matériaux comme le lithium étaient très peu recyclés en raison d’une forte disponibilité, d’un faible taux de collecte et d’un coût d’extraction peu élevé.

Depuis plusieurs années, la filière française du recyclage se met en place. Elle démonte les véhicules électriques obsolètes et collecte et recycle presque entièrement les batteries hors d’usage. Mais ce processus reste coûteux, compliqué et plutôt gourmand en énergie. Toutefois, si la batterie n’est pas endommagée, il est possible de lui donner une seconde vie avec un usage stationnaire.

Quelles alternatives pour le 100% électrique 

Le marché et la technologie ne sont pas si éloignés, ni binaires, il existe des solutions intermédiaires. On ne peut pas séparer d’un côté la voiture thermique et de l’autre le véhicule électrique.

Dans un premier temps, les moteurs traditionnels sont en train de s’électrifier progressivement, ce qui permet de réduire la consommation et les émissions polluantes pour un coût qui reste raisonnable. Ensuite, les voitures hybrides rechargeables, plus lourdes et plus chères, combinent la possibilité de rouler en 100% électrique et de faire de longs parcours grâce au moteur thermique. Pour finir, des carburants alternatifs moins polluants existent déjà comme le GPL ou le E85. La pile à combustible reste quant à elle, une technologie bien prometteuse, même si à ce jour ses perspectives pour un usage auto semblent restreintes.